L’endométriose peut être traitée avec des médicaments ou une intervention chirurgicale. Les objectifs du traitement de l’endométriose peuvent inclure le soulagement des symptômes et l’amélioration de la fertilité.

L’approche que vous et votre médecin choisirez, pour le traitement de l’endométriose, dépendra de la gravité de vos signes et symptômes, et de votre envie de tomber enceinte ou pas. Généralement, les médecins recommandent d’abord des approches conservatrices de traitement, optant pour la chirurgie en dernier recours.

Votre gynécologue va prendre en considération plusieurs facteurs lors de la détermination du meilleur traitement pour les symptômes de l’endométriose, y compris:

  • Votre âge
  • La gravité et l’intensité de vos symptômes
  • Le stade de la maladie
  • Votre désir de tomber enceinte (ou non)

Si vous avez seulement de la douleur, l’hormonothérapie pour abaisser les niveaux d’œstrogène de votre corps, réduira ainsi les implants et la douleur. Si vous voulez tomber enceinte, avoir une chirurgie en association avec le traitement hormonal est la technique la plus recommandé.

Souvent le fait de tomber enceinte permet une amélioration de la symptomatologie, comme c’est le cas après la ménopause. Si vous souffrez de douleurs légères, si vous ne prévoyez pas de grossesse, ou si vous êtes près de la ménopause (environ 50 ans), vous ne nécessiterait peut-être pas de traitement. La décision sera à vous.

Médicaments contre la douleur de l’endométriose

Le traitement de l’endométrioseVotre médecin peut vous recommander de prendre un analgésique en vente libre, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ibuprofène, ou le naproxène pour soulager les douloureuses crampes menstruelles.

Ces médicaments analgésiques n’ont aucun effet sur les implants de l’endomètre ou la progression de l’endométriose. Cependant, ils diminuent la production de prostaglandines, et permettent ainsi une diminution de la douleur.

Comme le diagnostic d’endométriose ne peut être définitivement confirmé que par une biopsie, de nombreuses femmes présentant des signes soupçonnées d’être liées à l’endométriose sont d’abord traitées pour la douleur sans qu’un diagnostic ferme ne soit établi. Dans de telles circonstances, les AINS sont couramment utilisés comme traitement empirique de première intention. S’ils sont efficaces dans le contrôle de la douleur, aucune autre procédure ou traitement médical n’est nécessaire. S’ils sont inefficaces, une évaluation clinique ainsi qu’un traitement supplémentaire seront probablement nécessaires.

Le traitement hormonal et l’endométriose

Sachant que l’endométriose est une maladie chronique, liée à la production hormonale chez la femme, la plupart des traitements médicaux disponibles pour l’endométriose reposent sur l’interruption de la production normale d’hormones cycliques par les ovaires. Ces médicaments comprennent des analogues de la GnRH, des pilules contraceptives orales, et des progestatifs.

L’hormonothérapie n’est pas une solution permanente pour l’endométriose. Vous pourriez rencontrer un retour de vos symptômes après l’arrêt du traitement.

Les traitements hormonaux empêchent les ovaires de produire certaines hormones, y compris les œstrogènes, et préviennent habituellement l’ovulation. Cela peut aider à ralentir la croissance et l’activité locale de l’endomètre, et des lésions de l’endométriose. Le traitement prévient également la croissance de nouvelles cicatrices (adhérences), mais il ne fera pas disparaître les adhérences existantes.

Les thérapies utilisées pour traiter l’endométriose comprennent:

Les contraceptifs hormonaux

Les pilules contraceptives, les patches, et les anneaux vaginaux aident à contrôler chaque mois les hormones responsables de l’accumulation de tissu endométrial. La plupart des femmes ont un flux menstruel plus léger et plus court lorsqu’elles utilisent une contraception hormonale.

L’utilisation de contraceptifs hormonaux, en particulier de façon continu (habituellement la pilule est prise pendant 21 jours et arrêter pendant 07 jours), peut réduire ou éliminer la douleur de l’endométriose légère à modérée. Beaucoup de femmes poursuivent leur traitement indéfiniment. Occasionnellement, certaines femmes ne ressentent aucune douleur pendant plusieurs années après l’arrêt du traitement. Occasionnellement, un gain de poids, une sensibilité mammaire, des nausées et des saignements irréguliers peuvent survenir. Les pilules contraceptives orales sont généralement bien tolérées chez les femmes atteintes d’endométriose.

Les progestatifs

Les progestatifs sont plus efficaces que les pilules contraceptives, et sont recommandés pour les femmes qui n’obtiennent pas de soulagement de la douleur. Ils peuvent être utiles chez les femmes qui ne répondent pas ou ne peuvent pas prendre (pour des raisons médicales) des contraceptifs oraux.

Ils sont pris sous forme de pilule, d’injection ou sous forme d’un dispositif intra-utérin (DIU – Mirena). Ils permettent de réduire le flux menstruel sans provoquer la croissance de l’utérus. Dès qu’une femme cesse de prendre la pilule progestative, les symptômes peuvent revenir et la grossesse est possible.

Certains effets secondaires sont possibles, telle une sensibilité des seins, une prise poids, un ballonnement,  ou un saignement utérin irrégulier, ou même une dépression.

Les Analogues de l’hormone de libération de gonadotrophine GN-RH

Ces médicaments bloquent la production d’hormones stimulant les ovaires, abaissant ainsi les niveaux d’œstrogène, et empêchant les menstruations. Cela provoque une atrophie du tissu endométrial, parce que ces médicaments créent une ménopause artificielle. La durée maximale de prise de ces médicaments est de 6 mois.

La prise d’une faible dose d’œstrogène ou de progestatif ou d’une association des deux, avec les agonistes et les antagonistes de la GN-RH peut diminuer les effets secondaires de la ménopause, tels que les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale, et la perte osseuse. Vos règles et la possibilité de tomber enceinte reviennent lorsque vous arrêtez de prendre le médicament.

Ces molécules sont efficacement utilisées pour soulager la douleur et réduire la taille des implants d’endométriose. Des formes nasales et des injections d’agonistes de la GnRH sont disponibles.

 

 

Danazol

Ce médicament supprime la croissance de l’endomètre en bloquant la production d’hormones stimulant l’ovaire, en empêchant les menstruations et les symptômes de l’endométriose. Cependant, le danazol peut ne pas être le premier choix car il peut causer de graves effets secondaires (comme la prise de poids,  l’acné,  l’hirsutisme (croissance de cheveux sous forme masculine), des bouffées de chaleur, un changement dans la libido…) et peut être nocif pour le bébé, si vous tombez enceinte pendant que vous prenez ce médicament.

Ces effets secondaires sont réversibles. Dans certains cas, la résolution des effets secondaires peut prendre plusieurs mois. Danazol ne doit pas être pris par des femmes présentant certains types de maladies du foie, des reins, ou du cœur. Ce produit est rarement utilisé.

Inhibiteurs de l’aromatase

Une approche plus récente du traitement de l’endométriose a impliqué l’administration de médicaments connus sous le nom d’inhibiteurs de l’aromatase. Ces médicaments agissent en interrompant la formation locale d’œstrogènes au sein des implants d’endométriose eux-mêmes. Ils inhibent également la production d’œstrogènes dans l’ovaire et le tissu adipeux.

La recherche est en cours pour évaluer l’efficacité des inhibiteurs de l’aromatase dans la gestion de l’endométriose. Les inhibiteurs de l’aromatase peuvent causer une perte osseuse importante en cas d’utilisation prolongée. Ils doivent également être employés en combinaison avec d’autres médicaments chez les femmes pré ménopausées en raison de leurs effets sur les ovaires.

Les Traitements chirurgicaux de l’endométriose

La recherche montre que certains traitements chirurgicaux de l’endométriose peuvent fournir un soulagement significatif, bien que de courte durée. C’est pour cette raison que les gynécologues peuvent recommander une intervention chirurgicale pour traiter la douleur sévère due à l’endométriose.

Au cours de l’intervention, le chirurgien peut localiser toutes les zones de l’endométriose, et examiner la taille et le degré de croissance; il ou elle peut également retirer les plaques d’endométriose à ce moment-là.

Il est important de comprendre ce qui est prévu pendant la chirurgie, car certaines procédures ne peuvent être inversées, et d’autres peuvent affecter la fertilité d’une femme. Par conséquent, une femme devrait avoir une discussion détaillée avec son médecin traitant sur toutes les options disponibles, avant de prendre des décisions finales sur le traitement.

La chirurgie conservatrice de l’endométriose

Si vous souffrez d’endométriose et que vous essayez de tomber enceinte, une intervention chirurgicale pour enlever le plus d’endométriose possible tout en préservant l’utérus et les ovaires (chirurgie conservatrice), peut augmenter vos chances de succès. Si vous souffrez d’une douleur sévère due à l’endométriose, vous pouvez également bénéficier d’une intervention chirurgicale, cependant, l’endométriose et la douleur peuvent revenir.

Votre médecin peut faire cette procédure par laparoscopie, ou par la chirurgie abdominale traditionnelle, dans les cas plus étendus. En cas de chirurgie laparoscopique, votre chirurgien insère un instrument de vision mince (laparoscope) à travers une petite incision près de votre nombril et insère des instruments pour retirer le tissu de l’endomètre par une autre petite incision.

Les implants endométriaux peuvent être excisés ou détruits par différentes sources d’énergie (laser, destruction électrique). Si la maladie est étendue, et que l’anatomie est déformée, une laparotomie peut être nécessaire.

L’hystérectomie

Dans les cas graves d’endométriose, la chirurgie pour enlever l’utérus, le col de l’utérus (hystérectomie totale), ainsi que les deux ovaires, peut constituer le meilleur traitement. Une hystérectomie seule n’est pas efficace, l’œstrogène produit par vos ovaires peut stimuler l’endométriose et causer des douleurs. Une hystérectomie est généralement considérée comme un dernier recours, en particulier pour les femmes encore en âge de procréer, car ce n’est pas possible de tomber enceinte après une hystérectomie.

Trouver un médecin avec qui vous vous sentez à l’aise est crucial dans la gestion et le traitement de l’endométriose. Vous pouvez également obtenir un deuxième avis avant de commencer tout traitement, pour être sûr de connaître toutes vos options et les résultats possibles.

Avoir une hystérectomie avec ou sans annexectomie bilatérale, ne garantit pas que les lésions ne reviendront pas, ou que la douleur disparaîtra. Les symptômes et les lésions de l’endométriose peuvent revenir chez 15% des femmes qui ont fait une hystérectomie totale avec une salpingo-ovariectomie (annexectomie) bilatérale.

Dans certains cas, l’hormonothérapie est utilisée avant et après la chirurgie pour réduire la douleur et facilité la chirurgie. Les preuves actuelles soutiennent l’utilisation d’un dispositif intra-utérin (DIU – MIRENA) contenant un progestatif, après la chirurgie, pour réduire la douleur.

Les techniques de reproduction assistée et endométriose

La cœlioscopie est souvent la première étape chirurgicale pour la prise en charge de l’infertilité liée à l’endométriose. Elle permet de détruire les lésions endométriosiques, et aussi de libérer les adhérences empêchant l’ovulation et la fécondation.

Les techniques de reproduction assistée, comme la fécondation in vitro, pour vous aider à tomber enceinte, sont parfois préférables à la chirurgie conservatrice. Les médecins suggèrent souvent l’une de ces approches si la chirurgie conservatrice ne donne pas de résultats.

Style de vie et remèdes maison de l’endométriose

Pour soulager la douleur liée à l’endométriose, vous pouvez essayer des mesures à la maison pour soulager vos symptômes. Des bains chauds et un coussin chauffant peuvent aider à détendre les muscles pelviens, réduisant ainsi les crampes et la douleur.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en vente libre, comme l’ibuprofène  ou le naproxène peuvent aider à soulager les crampes menstruelles douloureuses.

L’exercice régulier peut aussi aider à améliorer les symptômes.

Peut-on prévenir l’endométriose?

Parce que la cause de l’endométriose est mal comprise, il n’y a pas de moyens connus pour empêcher son apparition.

Faire face et soutenir

Si vous avez affaire à l’endométriose ou à l’une de ses complications, vous pouvez envisager de rejoindre un groupe de soutien pour les femmes souffrant d’endométriose ou de problèmes de fertilité. Parfois, cela aide simplement à parler avec d’autres femmes qui peuvent se rapporter à vos sentiments et expériences.

Quel est le pronostic pour une femme souffrant d’endométriose?

L’endométriose est le plus souvent une maladie des années de reproduction, et les symptômes disparaissent habituellement après la ménopause. Pour les femmes ayants des symptômes, un certain nombre de thérapies sont disponibles pour soulager la patiente.

Pour l’infertilité associée à l’endométriose, les traitements sont également disponibles pour aider à augmenter les chances de conception d’une femme.